Tuer ou ne pas tuer ? Voilà la question !


Quelle médiocre parodie de Shakespeare, et de ce brave Hamlet, pour parler d’un sujet, qui reconnaissons le anime beaucoup les discussions entre pêcheurs « de loisirs ».

 Quand j’utilise le terme de pêcheurs de loisirs, c’est pour les mettre en alternative avec les pêcheurs professionnels. Je n’emploie pas le terme de pêcheur amateur, car certains d’entre eux, bien que non-inscrits au registre des métiers sont de véritables professionnels. Par définition un pêcheur professionnel ne se pose pas la question de tuer ou ne pas tuer le poisson qu’il pêche puisque c’est son gagne-pain ! Par contre dans l’exercice de sa profession il est tenu de respecter des règles qui sont la remise à l’eau des poissons trop petits (pour certaines espèces)..


Je voudrais ici non pas enfoncer des portes ouvertes, mais plutôt essayer de faire réfléchir les pratiquants de la pêche de loisir. Je n’ai en dehors de mon âge et de ma pratique de la pêche depuis 50 ans, aucune compétence universitaire ou académique, pour parler d’un sujet qui par certains aspects est un peu scientifique. Mais je suis de formation scientifique et je sais lire et chercher ce qui a déjà été publié sur ce sujet, et je vais essayer de vous en faire une synthèse.


Donc un peu d’histoire. Au commencement la pêche est un acte de prédation. Nous sommes dans les temps préhistoriques et les humains de l’époque sont des chasseurs cueilleurs. Avant d’évoluer et de devenir des agriculteurs éleveurs, pour assurer leur subsistance, et permettre l’accroissement progressif de la population. Il est d’ailleurs intéressant de voir que même lorsque l’agriculture et l’élevage se développèrent, la pêche et la chasse continuèrent à se pratiquer et cela dans un but purement alimentaire.

La pêche dite de loisir n’est vraiment apparue dans les différentes civilisations que j’ai pu étudier, qu’à partir du moment où la subsistance de base était facilement accessible, par la quasitotalité de la population. Les premiers traités de pêche écrits en Europe Occidentale à la fin du Moyen Âge, sont écrits pour transmettre et enseigner les différentes manières de prendre du poisson et bien sûr pour le manger, non pour une alimentation quotidienne, mais plutôt pour une occasion festive exceptionnelle. Ayant lu et relu Isaac Walton, je n’ai trouvé nulle part la notion de graciation, de catch and realease, de no kill, ou de remise à l’eau. Un poisson pris doit être tué et mangé. Cependant dans un autre bouquin ancien français il est conseillé de ne pas manger son blé en herbe et de remettre à l’eau des poissons trop petits ou impropres à la consommation. Il s'agissait au départ de remettre à l'eau les poissons jugés trop petits, ou légalement trop petits (quand des réglementations ont commencé à être instituées pour éviter de surexploiter la ressource halieutique en tuant les poissons juvéniles avant même qu'ils n'aient pu se reproduire).


La méthode de « capture et relâcher » a donc d'abord été une méthode de gestion des ressources halieutiques et de la pêche de loisir.

Mais cela n’est pas historiquement important, car ce n’est que beaucoup plus tard, dans l’histoire de la pêche que la notion de pêcher sans tuer est apparue. Le premier parc national américain qui imposa un no kill absolu à partir de 1954 était le Parc national des Great Smoky Mountains. Trente ans plus tard, la plupart des États et provinces d'Amérique du Nord avaient développé de tels programmes (généralement pour la truite et le blackbass dans un premier temps), et qui parfois s'appliquaient sélectivement en fonction du contexte (productivité de l'environnement, de la longévité des poissons en question).

Les autorités concernées avaient une exigence de strict respect de ces règlements spéciaux par les pêcheurs là où cette méthode nouvelle était mise en œuvre. Ces autorités ont naturellement pensé que les pêcheurs accepteraient mieux ces nouvelles réglementations là où elles étaient imposées si des experts apportaient des preuves biologiques manifestes de l’efficacité du no-kill en termes de préservation ou restauration des ressources halieutiques.

Elles ont donc financé un certain nombre d'études pour évaluer les effets du no-kill. Peu à peu, en raison du recul de nombreuses espèces marines, le no-kill s'est aussi développé chez certains pêcheurs sportifs en mer. Et ce n’était pas seulement une mesure de protection des populations de truites, mais plutôt une manière d’éducation en faisant passer le message qu’il était meilleur de ne plus tuer et manger les poissons pris.


Un autre exemple de ce mode de législation, est la règle au Québec pour la pêche du saumon. Sur les rivières les plus célèbres de Gaspésie ou de l’île d’Anticosti, la loi vous oblige à cesser de pêcher après avoir pris deux poissons, que vous ayez décidé de les tuer ou de les remettre à l’eau ! Mais cette règle est simplement destinée à préserver d’une part la ressource, mais surtout à permettre aux autres pêcheurs de pouvoir pêcher après vous.


 La réglementation est faite pour gérer et contrôler les activités humaines et sociales. Le fait de partir pêcher en sachant que même si vous prenez cent poissons vous n’en tuerez aucun est totalement différent d’une réglementation ! C’est une philosophie et même une règle de vie !

Je vais essayer de vous faire réfléchir sur ce point. La pêche moderne de loisir est devenue petit à petit une activité sportive, si l’on veut bien considérer le mot sport, comme une activité physique ou intellectuelle, avec une réglementation qui varie selon les pays, et qui peut donner lieu à des compétitions. Mais certains vous diront que c’est un aussi art, ou en tout cas un art de vivre.

 Je crois pour ma part qu’il n’y a pas de dogme dans ce monde, il y a autant de pêches que de pêcheurs. Car chacun d’entre nous va à la pêche, pour des raisons qui lui sont propres et personnelles, et qui sont toutes très respectables.


Soyons clairs la plupart des pêcheurs vont à la pêche pour attraper des poissons. Et une grande majorité d’entre eux sont très fiers de pouvoir partager à table, en famille ou avec des amis, avec le produit de la pêche quand le poisson est bon à manger.

Et c’est quelque chose de très important à comprendre. Le no kill est beaucoup plus évident, quand vous avez pris cinquante chevesnes dans un joli courant de la basse Durance, que quand vous avez réussi à ferrer un saumon du gave d’Oloron. Heureusement la pollution chronique des grands fleuves permet de ne plus avoir d’état d’âme pour la remise à l’eau, les poissons pris étant aux mieux immangeables, et au pire toxiques et impropres à la consommation ! Nous en parlerons un peu plus loin. Nous voyons le même phénomène avec les carpistes qui à ma connaissance, pour la plupart, ne sont pas consommateurs de leurs prises. Je pense que c’est probablement la même chose avec les pêcheurs de silures, qui me paraissent remettre systématiquement à l’eau toutes leurs prises. Mais qui n’hésitent pas à tuer un gros chevesne pour le présenter comme un appât !

Quant aux pêcheurs au coup, je vois partout qu’ils ne font plus d’une bonne friture de gardons une gloire gastronomique, et relâchent maintenant leurs poissons .


Le no kill ne se pose donc que pour une toute petite partie de la pêche de loisirs, les salmonidés et les carnassiers comme le brochet la perche et le sandre. Et encore une fois je ne parle pas ici de remettre à l’eau les poissons trop petits parce que c’est la loi, ou limiter son nombre de prises, pour un plan de gestion de bassin versant.

Le no kill dont je vous parle, c’est un acte de foi ! Je pars pêcher pour pêcher, et non pas pour tuer des poissons, ni pour remplir mon congélateur !

 Quel que soit le mode de pêche que je pratique, et quel que soit le poisson que je pêche !

En écrivant ceci je ne cherche à convaincre personne, je décris simplement ce que pour moi je crois être le prendre et relâcher. En plus en m’imposant tout seul cette règle, j’essaye de respecter les poissons quand je les relâche, et j’essaye également de respecter les milieux naturels dans lesquels je me déplace quand je suis à la pêche.

Et bien sûr en bon citoyen je respecte les règles et la législation de la pêche.

Ayant écrit cela, je dois rajouter ceci, le no kill ne doit pas être bien sùr, un facteur de risque de mortalité, donc je vais pêcher avec des méthodes qui autant que possible, n’abîmeront pas trop le poisson (hameçon simple sans ardillon), et également des techniques qui permettent de limiter au maximum la durée du combat ( pas de fil de diamètre inférieur au 14 centièmes).

Mais en même temps je suis conscient que cette pratique peut être considérée comme un acte de cruauté envers un animal sauvage vivant dans un milieu naturel. J’en suis conscient et je comprends ce que disent certaines personnes encore plus radicales, puisqu’elles prônent un no kill total qui est l’interdiction de la pêche de loisirs!...

En Allemagne et en Suisse dans certains cantons le no kill est interdit !

Les pollutions aux PCB servent la cause du no-kill. Les pêcheurs ne doivent cependant pas oublier que l’étape suivante, si on applique la réglementation suisse ou allemande, interdit tout simplement la pratique de la pêche dans les rivières polluées au PCB. Et c’est ce qui se passe dans ces deux pays limitrophes…


 Et c’est là que je veux vous amener à bien réfléchir !


La pratique systématique de la remise à l’eau des poissons et des salmonidés en particulier est une pratique respectable et individuelle (comme une religion), mais nous sommes dans un pays laïc, et donc cette pratique ne doit en aucun cas être imposée à l’ensemble des pêcheurs. Pour rester dans le domaine religieux ce serait une hérésie de continuer à pêcher et manger de temps à autres une truite ou un brochet !


Les adversaires de la pêche sont actuellement nombreux et pour des raisons quasi dogmatiques vont encore plus loin (que nous aurions pu l’imaginer quand nous étions jeunes) « Demander à interdire la pratique de la pêche ! ».


Mais pourquoi ? Pour préserver la ressource ? Croire que la pêche de loisir réduit le nombre des poissons est à la fois une réalité et une erreur.

 Une réalité parce que si les mille pêcheurs de la basse vallée de la Loue pêchent et tuent chacun dix poissons par an et bien dans une saison de pêche cela fait 10 000 poissons de moins dans la rivière.

Et savez-vous combien de journées de pêche sont vendues sur des parcours privés d’Autriche ou de Slovénie chaque année? Entre 1500 et 2000 ! Si chaque pêcheur tue les 3 truites autorisées par la réglementation ce sera 4500 truites au minimum qui seront enlevées à la rivière. Donc les chiffres sont réels !

Mais c’est une erreur de croire que seuls les pécheurs sont responsables du dépeuplement des rivières....

Nous parlerons de ce qui est comparable et je vais toujours vous parler de ces fameux parcours autrichiens ou slovènes. Devant la baisse dramatique de la population d’ombres communs, la société de pêche de la Steyr en Basse Autriche décide d’interdire la pêche de l’ombre pendant cinq ans, avant de se rendre compte que les populations ne s’étaient pas reconstituées pour une bonne et simple raison qui n’avait rien à voir avec les pêcheurs humains. Le nombre de cormorans vivant en aval sur le lac de barrage était passé de trois colonies de 10 oiseaux en moyenne à soixante ! Dès que les tirs de régulation ont été mis en place, les ombres sont revenus !

 Je vous épargnerais ici les différentes pollutions causes de la diminution de la capacité biogénique des cours d’eaux, qui sont totalement sans relation avec la pratique de la pêche de loisir.

Tout cela pour dire qu’il n’est pas simple de savoir comment faire pour maintenir un niveau correct des populations de salmonidés dans une rivière de 1ere catégorie, ou de brochets en 2ème catégorie.

 Je reste même persuadé que la nature est capable largement de produire suffisamment de poissons dans des conditions normales d’équilibre biologique et écologique, et que par conséquent il est normal que certains pêcheurs ( ceux qui le souhaitent), puissent prélever des truites ou des ombres.

 Autre réflexion simpliste lorsque l’on est un gestionnaire de rivières il est capital de savoir combien de poissons sont prélevés pour savoir si la capacité biogénique de la rivière est en capacité de supporter ce prélèvement, et je préfère de beaucoup que les pêcheurs déclarent leurs prélèvements plutôt que de pratiquer « en cachette » un prélèvement qui parait presque pour rester dans le domaine religieux un sacrilège !

Je terminerais par une évidence. Pour le pêcheur maladroit le no kill est une bénédiction, car il permet de pouvoir mentir facilement sans argumenter sur des casses ou des décrochages mal venus.

 La première fois où j’ai pêché le Doubs à Goumois en 1975, les truites prises et exhibées dans l’évier du Moulin du Plain, permettaient d’établir une hiérarchie chez les pêcheurs et jamais au grand jamais dans ces années-là, une grosse truite n’était graciée ! Les clients n’avaient pas besoin de commissaires puisqu’ils devaient présenter leurs prises pour avoir droit aux félicitations des autres pêcheurs jaloux.


 Dans notre société de plus en plus urbaine, l’écrasante majorité des gens mangent du poisson, vendu en grandes surfaces, provenant d’animaux d’élevages ou de pêche industrielle, leur vie et leur mort laissant indifférents les consommateurs. La mort est devenue une chose que l’on ne regarde plus en face. Le no-kill des pêcheurs subit le même phénomène. Cette pratique permet d’éviter de se confronter à la mort, ce qui permet à l’activité pêche de coller à l’air du temps. Au départ, le no-kill n’était pas une façon de fuir la mort, mais un acte sportif au sens où la façon de prendre était plus importante que la quantité prise. Le no-kill était alors présenté comme un acte de désintéressement de la proie....


Mais si nous ne sommes plus des prédateurs sommes-nous encore des pêcheurs ?


 Mais si nous ne sommes plus des pêcheurs pourquoi continuer à aller à la pêche ?


 Pardonnez-moi mon père je vais à la pêche! Je suis un pêcheur devant l’éternel et j’y prends du plaisir ! 


par Gilbert Marc 18 mars 2026
Une réflexion post ouverture sur les différents modes de pêche autorisés en Aragon
par Gilbert Marc 23 février 2026
Quand la pêche à la mouche est nulle, c'est là que votre cerveau se développe. Pourquoi les dures journées passées sur l'eau sont en réalité bénéfiques pour votre cerveau. Il y a un moment — que dis-je, plusieurs moments — que presque tous les pêcheurs à la mouche vivent chaque jour au bord de l'eau. Le lancer complètement raté qui fait fuir la truite, le fil qui casse au moment du ferrage, votre ligne qui s'emmêle comme une perruque géante dans votre moulinet, et surtout quand l'éclosion enfin a lieu et que vous êtes incapable de trouver la mouche adaptée. Le simple fait de devoir marcher sur les berges escarpées et dans une rivière pleine de rochers glissants est aussi une source de frustrations et de stress. Entre la quatrième présentation ratée, le cinquième changement de mouche, un autre ferrage raté, et peut-être un ou deux faux pas inattendus en pataugeant, on se demande : pourquoi est-ce si difficile ? Et ensuite : est ce que vraiment je m’amuse ? L'instinct nous pousse à interpréter la difficulté comme un problème, voire une inadéquation. Nous vivons dans une culture qui vise à minimiser les frictions. Si quelque chose nous paraît inefficace, nous cherchons à l'optimiser ou à le corriger. Et si la situation devient trop frustrante, nous sommes parfois tentés de baisser les bras, d'abandonner et de passer à autre chose. La facilité est devenue synonyme d'intelligence. C’est le principe même de l’I.A. qui vous permet sans effort mental d’obtenir ce qui normalement vous demanderais quelques minutes de réflexions. Or, le cerveau ne se développe pas grâce à la facilité ; il se développe grâce à l'effort. Les recherches sur l'apprentissage moteur confirment ce concept. Dans une revue exhaustive publiée dans Neuron , Krakauer et ses collègues (2017) décrivent comment l'acquisition de compétences motrices complexes, remodèle la communication entre différentes régions du cerveau, notamment le cortex moteur, le cervelet et les ganglions de la base du cerveau. L'apprentissage est bien plus qu'une simple répétition. Il se compose de processus tels que la prédiction, la détection des erreurs et une mise à jour cognitive constante. Chaque lancer mal synchronisé, chaque correction de la trajectoire de la dérive de la mouche et chaque ajustement en fonction du vent ou du courant contribuent à l'amélioration continue. Votre système nerveux construit et recalibre sans cesse des modèles internes. Ce qui peut être perçu comme un échec n'est en réalité que le processus par lequel votre cerveau recueille des données essentielles et crée de nouvelles connexions neuronales. C'est un processus bénéfique. La psychologie de l'éducation confirme également cette idée. Les recherches sur les « difficultés souhaitables » montrent que les conditions d'apprentissage qui demandent un effort favorisent une mémorisation à long terme bien plus efficace et un encodage plus profond (Soderstrom & Bjork, 2015, Psychological Science in the Public Interest ). Lorsque l'activité pratiquée présente un léger défi – lorsqu'elle exige de la concentration et de l'adaptation plutôt qu'un fonctionnement automatique – le cerveau consolide les informations beaucoup plus efficacement. La facilité peut sembler confortable, voire réconfortante – et il y a certainement un temps et un lieu pour la facilité –, mais elle n'entraîne pas les mêmes changements neurobiologiques.
par Gilbert Marc 23 janvier 2026
Petit rappel entomologique Le cycle de vie d'une éphémère (ordre des Ephemeroptera) comprend quatre stades distincts, marqués par une caractéristique unique parmi les insectes ailés : l'existence de deux formes adultes successives. 1. L'Œuf Le cycle débute lorsque la femelle pond ses œufs à la surface de l'eau douce ou en s'immergeant. Les œufs coulent et se fixent sur des pierres ou de la végétation aquatique. L'éclosion survient après une période allant de quelques jours à plusieurs semaines selon les espèces et la température de l'eau. 2. La Larve (Nymphe) C'est la phase la plus longue, durant généralement de quelques mois à 3 ans. Habitat : La larve vit exclusivement sous l'eau (dans la vase ou sous les galets). Croissance : Elle subit de nombreuses mues (jusqu'à 20 ou plus) pour grandir. Elle se nourrit activement de matières organiques et d'algues. 3. Le Subimago (Dun) L'éclosion proprement dite se produit lorsque la larve mature remonte à la surface de l'eau. Émergence : Elle s'extrait de son enveloppe larvaire en quelques secondes pour devenir un subimago. Mais quelquefois la larve a beaucoup de mal à s’extraire de son exuvie et reste engluée dans la pellicule Caractéristiques : À ce stade, l'insecte est ailé mais n'est pas encore sexuellement mature. Ses ailes sont souvent opaques et ternes. Il doit se reposer sur la végétation pour sécher ses ailes avant de s'envoler. 4. L'Imago (Spinner) L'éphémère est le seul insecte à muer à nouveau après avoir acquis des ailes fonctionnelles. Mue finale : Après quelques heures ou une journée, le subimago mue une dernière fois pour devenir un imago. Vie adulte : L'imago est brillant, possède des ailes transparentes et est prêt pour la reproduction. Reproduction et mort : À ce stade, l'insecte ne possède plus de système digestif et ne peut plus se nourrir. Sa vie adulte ne dure que quelques heures à quelques jours, consacrés uniquement à l'accouplement et à la ponte avant de mourir. 5. Après la ponte les éphémères meurent et dérivent à la surface,les ailes à plat sur l’eau et sont encore plus des proies faciles pour les truites. (Spent) Quand nous voyons des gobages nous pensons immédiatement mouche sèche. Mais avant le stade imago il y a le stade subimago et juste avant le stade émergent et c’est ce stade de l’éclosion d’éphémères que les truites préfèrent : lorsque l’éphémère émergente se retrouve piégée en tentant d’échapper à l’exuvie de la nymphe. On comprend alors pourquoi les mouches sèches avec des exuvies traînantes sont si efficaces.
par Gilbert Marc 20 janvier 2026
Une neuropsychologue guide de pêche à la mouche Lindsay Kocka qui vit dans le Montana a publié recemment un post que je vous recommande de lire et diffuser... Pourquoi les pêcheurs à la mouche écrivent : La pêche à la mouche, le cerveau et la clarté de la pensée Lindsay Kocka 19 janvier 2026 Les pêcheurs à la mouche ont depuis longtemps la réputation d'être des écrivains. Et depuis que la pêche à la mouche est documentée, une abondante littérature a été consacrée à cette pratique. Tous les pêcheurs ne publient pas de livres ou d'essais, mais beaucoup tiennent des carnets où ils consignent leurs observations sur les conditions de pêche, mais aussi des notes et des réflexions personnelles. Ce phénomène ne semble pas fortuit. D'un point de vue neuroscientifique, la pêche à la mouche active de manière fiable des systèmes neuronaux et des conditions physiologiques spécifiques. Ces mêmes systèmes sont ceux qui favorisent la clarté d'esprit, la réflexion profonde et l'expression créative. La pêche à la mouche peut être perçue comme une activité cognitive globale et intégrée. Marcher, patauger, lancer, observer, s'adapter et passer du temps en plein air contribuent tous à façonner la manière dont le cerveau répartit son attention, gère son stress et intègre les informations sensorielles. Lorsque ces systèmes collaborent harmonieusement, la créativité s'épanouit. En tant que pêcheur et écrivain, je suis depuis longtemps fasciné par la clarté mentale et la constance des idées qui émergent lors des journées passées au bord de l'eau. La science offre un éclairage unique pour mieux comprendre ce que de nombreux pêcheurs savent déjà par l'expérience. L'exposition à la nature et la réinitialisation cognitive Il est bien établi que le fait d'être en plein air produit des effets positifs mesurables sur l'attention, la santé mentale et les performances cognitives. La recherche démontre des améliorations significatives des fonctions exécutives, de la mémoire et de la régulation émotionnelle liées au temps passé dans des environnements naturels, comparativement à des environnements intérieurs artificiels. Ces effets ne se limitent pas à une simple sensation subjective de calme, mais reflètent plutôt la façon dont le cerveau gère l'attention et le stress en fonction de l'environnement. Une théorie bien étudiée et étayée, la théorie de la restauration de l'attention, propose que les environnements naturels réduisent la sollicitation des systèmes d'attention dirigée. Plutôt que de contraindre à la concentration, les milieux naturels tendent à la maintenir plus facilement grâce à la variation sensorielle qu'ils offrent : mouvement de l'eau, variations de la lumière et diversité environnementale. Ces conditions permettent aux ressources préfrontales de se régénérer, ce qui améliore la concentration et la clarté mentale lorsqu'une attention soutenue est à nouveau requise. En tant que pêcheurs, nous sommes nombreux à constater que les journées passées au bord de l'eau ne sont pas synonymes d'inactivité intellectuelle, mais d'équilibre cognitif. La concentration est nécessaire, mais elle alterne naturellement entre des périodes de moindre et de plus forte sollicitation. Cette variation favorise une réflexion plus claire. La marche, le mouvement controlatéral et la cognition créative L'acte physique de marcher joue un rôle central dans cette équation. Des recherches menées à Stanford ont démontré que la marche augmente significativement la génération d'idées créatives par rapport à la position assise, même à l'intérieur. Cet effet est amplifié en extérieur. Du point de vue du système nerveux, la marche est un mouvement controlatéral, ou transversal. Lorsque nos bras et nos jambes se meuvent en opposition, les deux hémisphères cérébraux sont sollicités. Cette activation bilatérale, qui favorise la résolution de problèmes complexes depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte, est associée à une meilleure flexibilité cognitive et à une pensée divergente, plutôt qu'à une fixation étroite sur une tâche. En d'autres termes, la marche elle-même libère des ressources cognitives pour une pensée plus globale. La pêche à la mouche complexifie encore ce schéma de base. Les pêcheurs se déplacent sur des terrains accidentés, ajustent leur foulée, gèrent le courant et maintiennent leur équilibre tout en manipulant leur matériel et leur ligne. Ces exigences sollicitent constamment les systèmes vestibulaire et proprioceptif, qui jouent un rôle direct dans la régulation de l'attention, le raisonnement spatial et la capacité de prédiction. Plutôt que de focaliser le cerveau sur une seule tâche, ce type de mouvement requiert une adaptation continue aux conditions changeantes. Cette charge adaptative favorise la flexibilité cognitive et la reconnaissance des formes, deux éléments essentiels à la pensée créative. Il en résulte un système nerveux à la fois engagé et organisé, un état qui facilite la génération et l'association d'idées plutôt que de se focaliser uniquement sur un résultat. Casting, retour sensoriel et contrôle de l'attention Le lancer à la mouche est une activité motrice précise qui offre un retour sensoriel immédiat et constant. La synchronisation, la transmission de la force, le suivi visuel et le retour tactile doivent être parfaitement coordonnés pour que le lancer soit réussi. Cette combinaison permet une meilleure coordination entre le cerveau et le corps, tout en améliorant la concentration. Il est important de noter que la pêche à la mouche limite également la surcharge cognitive. La tâche est suffisamment complexe pour exiger de la concentration, mais généralement pas au point de devenir stressante (ceci pouvant toutefois être sujet à débat dans certaines situations particulières). Cet équilibre tend à apaiser le réseau du mode par défaut du cerveau, le système lié à la rumination et à la suranalyse. Lorsque ce réseau est apaisé, on observe souvent une pensée plus claire et une meilleure capacité à formuler ses idées par la suite. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux pêcheurs se disent mentalement organisés après une sortie de pêche, même s'ils sont physiquement fatigués. Le système nerveux a été sollicité d'une manière qui favorise la régulation plutôt que l'épuisement. Espaces bleus et verts, physiologie du stress et neurochimie Le temps passé près de l'eau et de la végétation soutient le système nerveux et influence directement les performances cognitives. Les environnements extérieurs contribuent à réguler l'attention et l'éveil, favorisant une concentration soutenue et réduisant le flux incessant de pensées. L'équilibre des signaux de dopamine et de sérotonine dans ces contextes stimule la motivation, la patience et la stabilité de l'humeur. Ces conditions facilitent la réflexion, l'articulation des idées et la créativité. La pêche à la mouche plonge régulièrement les pêcheurs dans des environnements qui favorisent naturellement cet état, leur offrant à la fois la richesse sensorielle et la régulation du système nerveux nécessaires à l'émergence de la pensée créative. Écrivains, marcheurs et penseurs Tout au long de l'histoire des grands penseurs et écrivains, le lien indiscutable entre mouvement, nature et pensée est largement documenté. Nietzsche écrivait que les grandes idées naissent en marchant, Thoreau avait pour habitude d'organiser ses journées autour de longues promenades avant de se mettre à écrire, et Virginia Woolf, elle aussi, s'appuyait sur le mouvement quotidien en plein air pour structurer sa pensée. Ces figures ne dissociaient pas l'activité physique du travail intellectuel, mais considéraient plutôt le mouvement, notamment en extérieur, comme une condition essentielle. Nombreux sont les pêcheurs à la mouche qui semblent évoluer dans des conditions similaires, qu'ils en aient conscience ou non. Marcher, observer, s'adapter et rester pleinement présent sont des éléments intrinsèques à leur pratique. L'écriture devient alors un prolongement naturel d'un cerveau qui a déjà effectué un travail d'organisation. La pêche à la mouche comme acte créatif Pour de nombreux pêcheurs, écrire pendant ou après la pêche s'apparente moins à un changement d'activité qu'à la poursuite d'un processus déjà bien amorcé. Les mêmes systèmes qui s'activent lorsque nous scrutons l'eau, explorons les zones de pêche et observons l'évolution des conditions favorisent également une réflexion plus approfondie et une expression plus claire. Quant à ma propre expérience, bien que j'apprécie pleinement partager l'eau avec des amis, dès mes débuts à la pêche à la mouche, j'ai constaté que ma plus grande satisfaction provenait des journées passées seul au bord de l'eau. Ces journées me permettaient de laisser libre cours à mon imagination, et peu à peu, j'ai perçu mes promenades et mes explorations de l'eau comme un acte créatif en soi. La pêche à la mouche est devenue une pratique corporelle qui favorisait la clarté mentale et un besoin croissant de m'installer sur la berge, de sortir un carnet et de noter tout ce qui remontait à la surface. L'approche Wade Well considère la pêche à la mouche comme une pratique physique et mentale qui intègre le mouvement conscient, l'environnement et l'attention d'une manière que peu d'autres activités peuvent égaler. La pêche offre un cadre quasi idéal où le cerveau humain est connu pour produire certaines de ses réflexions les plus pertinentes, et c'est souvent là que naissent nos meilleurs écrits.
Trite méditerranénne typique de l'Aragon
par Gilbert Marc 6 janvier 2026
Exolications pour savoir comment pêcher la truite en Aragon.Les différents parcours sont présentés ainsi que chaque législation propre à chaque cours d'eau
par Gilbert Marc 5 janvier 2026
Petite réflexion sur les fils pour les bas de ligne Il est hors de question ici de se livrer à une étude exhaustive des fils disponibles pour pêcher à la mouche sèche ou la mouche noyée, et un peu de la pêche à la nymphe . J’ai déjà publié sur ce blog un post sur les bas de lignes. Là je vais vous parler du choix des marques de nylons et de fluorocarbones qui sont les plus utilisés et pour lesquels je peux vous donner mon opinion. Les différences entre nylon et fluorocarbone. Un peu d’histoire Avant la seconde guerre mondiale, les matériaux utilisés pour la fabrication des bas de lignes étaient tous issus de produits naturels (crin de cheval, racines anglaises en soie naturelle). Puis en en 1935 un chimiste américain Wallace Hume Carothers, chimiste chez DuPont, met au point le polyamide 6,6 ,en 1938 ce nylon est présenté au public. Le nylon est le premier polymère synthétique entièrement artificiel, non dérivé de matières naturelles. Ce nouveau fil est utilisé au début pour la fabrication des bas féminins, des cordages, des parachutes et autres équipements militaires pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ses propriétés mécaniques sont très prometteuses pour la pêche, solidité, résistance à l’eau,et élasticité. Aprés la guerre DuPont cherche des débouchés civils pour son invention et naturellement s’impose l’idée de proposer aux pêcheurs du monde entier un fil bien plus résistant que les fils anciens, plus élastique,d’un diamètre régulier,facile à fabriquer et imputrescible. En 1948/1950 est commercialisé le fil Nylon DuPont qui permet de compléter la révolution de la pêche de la truite avec la commercialisation des moulinets à tambour fixes et les cannes en fibre de verre,et des cuillères tournantes type Mepps. Le fil de pêche Trilene a été lancé en 1959 par la société Berkley. Berkley Bedell, fondateur de Berkley Fishing, souhaitait créer un fil de qualité supérieure offrant une meilleure résistance, une sensibilité accrue et une distance de lancer optimale. Le résultat fut le Trilene, un fil monofilament en nylon qui a rapidement conquis les pêcheurs amateurs et professionnels grâce à ses performances. Il était initialement proposé en deux versions : Trilene Standard et Trilene XT (Extra Tough). La pêche à la mouche moderne n’existerait pas sans l’invention du nylon. Pendant les années 1960 les chimistes travaillent pour améliorer la tenue aux nœuds, et la réduction de la « mémoire », et surtout rendent le nylon transparent Les marques de l’époque sont DuPont, Berkley (Trilene),Maxima (Allemagne),Toray (Japon),Stroft (Allemagne) Le nylon devient la référence universelle, y compris en pêche à la mouche pour les bas de ligne, avec la commercialisation des bas de lignes coniques. Chaque décennie voit sortir de nouveaux fils de nylon, avec pour conséquence la multiplication des marques, chacune revendiquant une spécificité particulière. L’industrie chimique japonaise se met sur les rangs et commence bien avant la Chine, à nous envoyer des fils de nylon. En 1980/1990 se développe une nouvelle famille de fils les fluorocarbones. Ces fils ont plusieurs avantages et e particulier leur grande résistance à l’abrasion et leur indice de réfraction qui les rend pratiquement invisibles. Puis dans les années 2000 apparaissent les copolymères qui en sont en fait des nylons améliorés en particulier au niveau de la transparence et la résistance aux nœuds.Nous utilisons actuellement quasi uniquement des nylons coplymères. Et nous pouvons dire que les progrès actuels de la chimie moderne,nous permettent d’envisager pour un temps futur la mise à notre disposition de fils de plus en plus résistants pour un même diamètre et nous l’espérons avec le moins de mémoire possible. Comparaison entre nylons et fluorocarbone L'intelligence artificielle qui ne sait évidemment pas pêcher à la mouche nous dit ceci Technique Recommandation Sèche ❌ Nylon préférable Nymphe ✅ Fluorocarbone Nymphe au fil ✅ Fluorocarbone Nymphe lourde ✅ Fluorocarbone Noyée ⚠️ Mix possible Streamer ⚠️ Fluoro si obstacles En fait cette théorie de l’utilisation du nylon pour la sèche et du fluorocarbone pour toutes les autres techniques me paraît un peu « bizarre ». En effet et c’est mon avis personnel, la pointe du bas de ligne est la partie la plus importante aussi bien pour les poissons qui peuvent refuser une mouche uniquement à la vue de cette pointe de bas de ligne, surtout sur les lisses, que pour la facilité avec laquelle nous pouvons nouer la mouche. Combien de fois n’ai je pas désespérément essayé de prendre une truite avec une petite fourmi sur hameçon de 20 avec une pointe en 10 centièmes, et essuyé des refus à répétition, malgré des changements de mouches! Avant de me rendre compte que c’était la vision du bas de ligne qui provoquait les refus ! Et dans ces cas là le fluorocarbone est bien supérieur au nylon car il est beaucoup moins visible, car il coule un peu et donc disparaît complètement à la vue du poisson. Et pour les anciens maladroits un peu de rigidité dans le fil ne fait pas de mal, pour bien faire les nœuds s’entend !! Pourquoi choisir le fluorocarbone ? Ou le nylon ? Le fluorocarbone n’est pas un simple « nylon transparent » : Il présente plusieurs avantages, et quelques inconvénients. Son indice de réfraction est très proche de de celui de l’eau, et donc il est beaucoup moins visible que le nylon.Il est plus dense que le nylon et donc flotte moins et nous avons vu que c’est un avantage.Il a une meilleure résistance à l’abrasion,Il n’absorbe pas l’eau donc il va moins se déformer. Ensuite nous devons croire sur parole, les fabricants qui nous affirment que le nylon présente une meilleure résistance aux nœuds.Par contre ce qui est sur c’est qu’il est souvent plus souple . Et souvent bien moins cher, encore que… Puis ensuite vient l’épineux problème de la résistance ou plutôt du rapport entre le diamètre et la résistance.Choisir le bon diamètre par rapport à la mouche utilisée, semble une évidence, mais à diamètre égal nous devons chercher la meilleure résistance,et là commence les problèmes, car en fait 99 fois sur 100 en pêchant la truite nous n’avons pas besoin d’un fil qui résiste à 3,4 kilos pour un 14 centièmes ! Et soyons vraiment surs que la plupart des casses sont dues le plus souvent à une erreur de notre part qu’à la résistance du fil. Il est très difficile de choisir parmi les innombrables marques du marché.Et si j’interroge mes amis pêcheurs à la mouche, je me retrouve encore plus dans le doute...Chacun a sa propre marque et c’est normal.Autrefois ,je vous parle de 40 ans en arrière, nous avions trois ou quatre marques, mais maintenant...C’est beaucoup plus difficile.Je n’ai évidemment aucune confiance dans les « champions » ou autres influenceurs qui sont tous sponsorisés et qui donc sont bien obligés de promouvoir ceux qui les font vivre. Ce qui me paraît le plus important en tout cas ce que j’attends d’un fil c’est qu’il ne crée pas de problèmes supplémentaires au moment du changement de mouche et qu’il ne vrille pas trop ni qu’il ne se déforme pas quand je serre le nœud de la mouche. Si je vais pêcher avec un sedge sur hameçon de 10 pour un coup du soir, il est peu probable que j’utilise du 10 centièmes,même si je suis sûr que les truites feront moins de 30 cm.Pourquoi, parce que l’expérience m’a prouvé que les grosses mouches vrillent les fils fins. Nylon ou fluorocarbone même résultat. Et si le fabricant du fil m’assure que le fluoro est plus rigide que le nylon habituel et que donc le vrillage sera moindre je peux me permettre d’utiliser une pointe plus fine, d’autant plus que la résistance annoncée est supérieure ! Mais pour autant je dois soigner mes nœuds car le fluoro glisse plus que le nylon. Et alors pour être complet je dois vous parler des nœuds, car c’est encore plus fondamental que le choix du fil. Faut il choisir entre le nœud Clinch simple ou double ou le nœud Trilene, ou le nœud Pitzen? Personnellement je ne suis pas compétent pour mesurer la résistance de chaque nœud par rapport à chaque fil,mais ce que je peux dire c’est que le nœud le plus simple est toujours le meilleur, aussi je vous encourage vivement à choisir un nœud et vous entraîner en situation de pêche et hors pêche, avec des diamètres de plus en plus petits et des mouches en rapport, Personnellement je ne sais faire qu’un seul nœud le double clinch. Mais je suis une vieille main et j’ai des mains de mon âge !Alors quelle marque faut il choisir ? Il semble que avec toutes les réserves que j’ai émises ci dessus, plusieurs marques sortent du lot. Si l’on en croit les spécialistes du bas de lignes à nœuds il faut choisir le fil allemand Maxima de couleur brune pour la réalisation du corps de bas de ligne, certains le font cuire à 80º pendant trois minutes, pour lui donner plus de souplesse et surtout le rendre sans mémoire. Pour les paresseux j’avoue que j’utilise avec bonheur les bas de lignes coniques du commerce en Maxima ou Aliox. Certains bas de lignes du commerce sont très en vogue par exemple ceux de Nicolas Germain ou de la marque Guy Plas. Mais le bas de ligne n’est pas la pointe et nous devons choisir.Quelques marque là encore sortent du lot il s’agit de la marque Trout Hunter,qui semble être reconnue comme la marque qui produit les nylons de la plus grande régularité dans le diamètre et donc dans la résistance, et et le fluorocarbone de marque Néox Seaguar produite par la firme Yuki au Japon qui présente deux particularités être et de loin le plus résistant et le plus cher….. Le fluorocarbone Seaguar Neox de Yuki offre un rapport diamètre/résistance impressionnant et une douceur exceptionnelle. Il permet de réaliser des nœuds parfaits et ne présente pratiquement aucune mémoire. La construction exclusive à double paroi de Seaguar réduit le diamètre du fil de quelques centièmes de millimètre tout en conservant sa résistance à la traction et à l'abrasion. Le Seaguar Neox est recommandé pour les bas de ligne dans toutes les techniques de pêche, en eau douce comme en mer. Ce fluorocarbone assure une invisibilité totale, vous permettant de tromper même les poissons les plus méfiants. Bon avouons le c’est un excellent fil, mais 34 euros la bobine de 50 mètres.Mais quand on aime on ne compte pas! En conclusion je vais un peu me répéter, pour moi le plus important, c’est avant tout le confort (facilité pour réaliser les nœuds et absence de mémoire) et la fiabilité (ayez confiance dans votre fil) qui doit guider votre choix.
bambou du Tonkin artisanat
par Gilbert Marc 25 novembre 2025
Petit résumé des étapes de fabrication d'une canne à mouche en bambou refendu
par Gilbert Marc 13 novembre 2025
Aujourd’hui j’ai eu envie de me pencher un peu sur les fils de montage utilisés pour la fabrication des mouches artificielles. Ce n’est pas une lubie brusque et brutale, non ,mais j’ai retrouvé une valise (je dis bien une valise!) pleine de matériaux de montage et dans cette valise il y avait je ne sais combien de bobines toutes mélangées et datant de plus de 50 ans. Alors après avoir pris la décision de léguer tout ceci à mes chers fils et à la postérité, je me suis décidé, sans en avoir vraiment besoin de me racheter du fil de montage. Et là patatrapouf ! Impossible de savoir faire la différence entre toutes les marques et les types de fil et je me suis senti comme un homme préhistorique devant une Ferrari. Et cela m’a convaincu de faire ce que je crois j’aime le plus au monde, après quelques autres plaisirs intimes et gastronomiques, écrire un peu sur les fils de montage. C’est quand même beau les vacances ! Un peu d'histoire Dans la longue histoire de la pêche à la mouche le fil à l’origine ne servait réellement qu’à fixer les composants principaux de ce qui allait devenir une mouche et, n’oublions pas que, tout au début les pêcheurs ne montaient leurs mouches, qu’une fois au bord de l’eau en fonction de ce qu’ils voyaient dans la rivière. Le fil ne pouvait pas être autre chose que du fil à coudre de couleur généralement noire et son importance était très minime. Avec les progrès inhérents à toute technique artisanale, le fil devint de plus en plus sophistiqué,car les matériaux évoluaient et la manière de les fixer évoluait aussi. J e me souviens avoir rencontré un pêcheur lozérien qui avait, comme boite à mouche une boite d’allumettes avec trois ou quatre hameçons, une mèche de laine jaune et un peu de fil de coton de couleur noire. Mais dans une espèce de portefeuille, il y a avait une dizaine de plumes, prélevées sur le cou d’un des coqs de sa basse cour. En arrivant au bord de la rivière il fabriquait en deux ou trois minutes trois mouches(!), qu’il nouait au bout de son bas de ligne et fouette cocher, en une petite demi heure il avait rempli son immense panier de quelques truites et retournait vite fait bien fait, à des activités qui pour lui étaient bien plus importantes que la pêche, car comme il me l’enseigna plus tard, il ne pêchait à la mouche que quand il était sûr que les truites seraient en activité. C’était uniquement pour faire plaisir à son petit fils qu’il allait lui prendre quelques poissons pour son dîner... Le premier traité de montage des mouches artificielles date du moyen âge est attribué à Dame Juliana Berners qui a publié en 1496 « The T reatyse of Fysshynge with an Angle » que l’on pourrait traduire par "Traité de Pêche à la ligne". Ce texte faisait partie d’un recueil « Le Livre de Saint Alban » qui traitait de chasse, de fauconnerie et de pêche. Et la charmante Juliana nous décrit une douzaine de mouches chacune valable à un moment donné de la saison Ce livre est considéré comme la naissance de la pêche à la mouche documentée.
Guy Ro
par Gilbert Marc 24 août 2025
Résumé de la vie de Guy ROQUES écrivain poète franco espagnol fou de pêche à la mouche
par Gilbert Marc 21 juillet 2025
Après la fermeture des rivières en France il est possible de prolonger le plaisir de la pêche dans le Haut Aragon. J’avais écrit ce post il y a trois ans après une fin de saison exceptionnelle. Et j’ai décidé de le republier, car c’est une réalité qui disparaît pas c’est quand même le meilleur moment de la saison. Même si les années se suivent et ne se ressemblent pas. Il reste encore quelques places en octobre...Faîtes vous plaisir... C’est assez facile de faire rêver quand on parle de pêche à la mouche. C’est plus difficile depuis quelques années parce que sans que vraiment je n’ai d’explications claires, la pêche à la mouche a changé. Mais nous les « moucheurs » historiques nous ne sommes pas vraiment différents depuis le début, nous n’avons pas changé nous avons simplement vieilli ! Les rivières et les truites qui vivent dedans ont aussi bien vieilli ! Elles ne sont pas des êtres humains, mais une rivière est une femme et nous avons décidés que les truites étaient des femmes aussi. Une femme, des femmes qui vieillissent n’en restent pas moins séduisantes, attirantes et même quelquefois envoûtantes ! Alors ce soir j’ai envie de vous raconter presque une histoire d’amour. Une histoire qui commence en automne, au moment où les feuilles commencent à changer de couleurs. Au moment où les rivières sont les plus belles, où la chaleur de l’été s’adoucit et où, les jours qui raccourcissent, laissent plus d’espace à la nuit et aux rêves. Nous étions au milieu d’un paradis. Il avait plu à la fin du mois d’août et les quatre rivières magiques de l’Aragon étaient à un bon niveau. Les pêcheurs chanceux qui avaient eu la bonne idée de réserver en cette période étaient tous dans une totale euphorie. Mais en fait euphorie est un mot très faible pour décrire l’état dans lequel nous étions . C’était autre chose. Un sentiment difficile à décrire, d’excitation, de fébrilité, et en même temps de jubilation totale liée au fait de pouvoir partager le plaisir et surtout de raconter le soir la journée aux autres pêcheurs. Entre le début septembre et la fin du mois d’octobre, grâce à une météo (trop) clémente, nous avons pu profiter de chaque jour pour essayer de leurrer ces truites aragonaises. Bien sûr nous avons eu la chance de pêcher dans des rivières quasiment seuls, et cette solitude n’a été qu’un des éléments du bonheur que nous avons connu. Bien sûr nous avons pris des truites sauvages, nées dans la rivière, et qui malgré l’absence de pression de pêche, étaient d’une méfiance incroyable et qui plus est d’une sélectivité encore plus incroyable. Une truite sélective n’est pas une truite de pisciculture, c’est même plutôt le contraire, mais une truite sélective qui naturellement, génétiquement, ne va prendre que des microscopiques moucherons et qui va refuser même les plus belles imitations en nymphe ou en sèche, c’est exactement ce qui nous plaisait ! Peut-être que nous aimons cette difficulté et que si nous avons connu le suprême bonheur de voir des gobages, de trouver la bonne mouche, et de prendre à la queue leu leu une dizaine de truites, en une heure, ce n’était pas tous les jours ! La leçon que nous avons reçue et retenue c’est que la nature reste la nature et qu’il est illusoire de croire que naturellement, toutes les truites de la rivière vont manger en même temps, et que par miracle toutes les truites de la rivière vont mesurer 50 centimètres ! Nous avons pris beaucoup de petites truites, un peu moins de truites de taille moyenne et quelques « belles » truites de plus de 40 cm. Nous avons aussi pris du plaisir à découvrir les différentes robes de ces demoiselles. Nous avons frémi d’extase devant le spectacle de l’automne et même si les eaux étaient très (trop) basses, nous avons pu malgré tout déguster cette fin de saison ! Merci à tous ceux qui ont partagé ces moments, je ne peux pas tous vous nommer et j’ai peur d’en oublier ! A l’an que ven ! Gilbert le 23 Novembre 2022